Mais où l’ont-il planqué ?

Un élément important de l’histoire de l’Equateur est cette frénésie, cette folie même qui a touché de très nombreuses personnes, allant

El Dorado

El Dorado

jusqu’à causer la mort de plusieurs : la recherche de l’Eldorado. Il pourrait sembler étrange de parler d’histoire dans le cas d’une quête qui a affecté des personnalités si différentes. Mais puisque cette quête a eu un tel impact au travers des siècles, d’abord se dévoilant sous la forme d’une fièvre implaccable pour finalement devenir un mythe attisant la frustration des plus grands chasseurs de trésors, il parait raisonnable de la ranger au rang des grands chapitres de l’Histoire équatorienne.

Tout a commencé en 1540,

Gonzalo Pizarro arrive à Quito en tant que Gouverneur et chargé par son frère Francisco Pizarro d’organiser une expédition à l’intérieur des terres. Les mythes de l’existence du Pays de la Canelle et d’un fabuleux territoire s’étaient répandus, et les conquistadors espagnols rêvaient de découvrir ce mystérieux Eldorado. Gonzalo Pizarro demande donc à Francisco de Orellana de l’accompagner dans son expédition vers l’est.

Gonzalo Pizarro réuni à Quito une troupe composée de 220 espagnols et 4000 indiens. Pendant ce temps, Francisco de Orellana se charge de rassembler d’autres hommes à Guayaquil et d’obtenir des chevaux. Tous vont se rassembler au mois de Mars 1541 dans la vallée de Zumaco pour entreprendre la périlleuse expédition.

Les expéditionnaires arrivent sur les rives de la rivière Coca le 26 Juin 1541 où ils font la rencontre des indiens Omagua dont le chef leur servira de guide. Mais le temps passe et rien n’indique aux espagnols qu’ils s’approchent du Pays de la Canelle ou de l’Eldorado. On est en décembre et nombreux sont les hommes qui meurent de faim ou sous les attaques des tribus belliqueuses.

Gonzalo Pizarro ne veut pas revenir sur un échec à Quito et propose à Francisco de Orellana de construire un bateau, le San Pedro, pour transporter les malades et les blessés en suivant les cours du Rio Coca et du Rio Napo jusqu’au confluent des rivières Aguarico et Curaray.

Les provisions sont épuisées, l’expédition a perdu plus de 100 espagnols et plus de 3000 indiens quand le 22 février 1542 Gonzalo Pizarro demande à Francisco de Orellana de redescendre d’aller chercher des vivres avec 60 hommes. Mais ils ne peuvent remonter la rivière et Orellana décide de construire une nouvelle embarcation, le Victoria, et envoie un message à Gonzalo Pizarro. Mais ce dernier avait déjà commencé la route du retour vers Quito avec les 80 hommes restant.

C’est vrai que l’on a cherché l’Eldorado partout, au Pérou et autres. En Equateur, c’est spécial. Atahualpa est enterré à Quito, la jungle autour du Napo a coûté la vie a beaucoup de figures célèbres (tristement célèbres), les rumeurs continuent de courir… bref, on le sent bien, il est quelque part par là. Il reste bien évidemment la question de savoir ce qu’est l’Eldorado. Entre un homme qui était recouvert de poussière d’or lors de cérémonies et les Cités d’Or de notre jeunesse, il y a de nombreuses théories sur la nature du trésor. Reste que cette présence invisible se fait réellement sentir parfois, dans les cerveaux où l’imagination a libre court. Il est parfois amusant de regarder de loin ces immenses vallées escarpées et couvertes d’une jungle épaisse et de ce dire que cela serait un endroit parfait pour y planquer son trésor. Toutes ces montagnes sont creusées de grottes profondes, formant parfois d’immenses réseaux karstiques… j’en ai d’ailleurs quelques uns comme ça sur le terrain… je pense que je vais aller jeter un oeil au fond, on ne sait jamais.

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Indiana Jade et la Rivière Sauvage

Jade a été faire son premier tour sur la rivière (en dehors d’une pirogue à moteur). Ce matin nous avons gonflé le Sea Eagle et nous sommes partis vers Ahuano. Jade n’était pas très rassurée d’être dans le bateau alors que je filmais, car le courant commençait à l’emporter doucement…

… mais les peurs se sont vite éteintes et nous avons fait un tour agréable. Elle était déçue que nous ne soyons pas partis pendant deux jours, elle m’a demandé, alors que l’on quittait Misahualli, où est-ce que l’on allait dormir le soir. Je lui ai fait comprendre que c’était que pour deux petites heures et que cela suffirait pour une première fois… mais non, elle n’était pas contente.

Heureusement, c’est vite passé, après une heure sur la rivière, et malgré une loutre que l’on a vu, un tas de perruches et quelques échassiers, sans compter les chercheurs d’or, le discours avait changé : “Papa, j’ai faim”, “Papa, quand est-ce qu’on arrive?”. Bref, les choses étaient redevenues plus normales.Heureusement aussi que de petits rapides venaient l’amuser. Pas vraiment des montagnes russes, mais juste ce qu’il fallait pour faire plaisir à une petite fille.

Le Rio était assez bas, rien à voir avec les autres fois où j’étais de sortie, mais ça avançait bien malgré tout. Il nous aura fallu une bonne heure et demi pour arriver en vue d’Ahuano.

Enfin, une bonne matinée au grand air et Jade était ravie, c’est le plus important.

Jade l'aventurière

Jade l'aventurière

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Match de foot à l’école de Jade

Jade en tenue

Jade en tenue

Aujourd’hui il y a eu une rencontre sportive à l’école de Jade, durant laquelle les équipes des différentes classes se sont affrontées. Tenues de foot aux couleurs des équipes.

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Trip à Coca 2.0

Alors, c’est reparti encore une fois. Le trip jusqu’à Coca en kayak, avec un petit changement cette fois, je l’ai fait seul (Antoine est reparti en France, il m’a laissé tombé) et sur mon nouveau bateau. Un tout premier commentaire : J’ADORE MON NOUVEAU BATEAU ! C’est vraiment un achat dont je suis particulièrement satisfait. J’ai profité des soldes de Noël pour le commander au Etats Unis, et même avec le transport, je l’ai eu au prix non soldé, donc pas trop mal. C’est un kayak gonflable de 3.70m, deux places, confortable, maniable et stable et il peut emmener jusqu’à 650lbs de charge (Sandy et ses tongues… ok private joke).

Bref, Antoine avait donné le ton, et c’était une excellente idée, alors de nouveau un départ à la première lumière du jour (5h30 dans l’eau). La veille j’ai invoqué les dieux du kayak sans trop de douleur pour qu’ils fassent pleuvoir toute la nuit et que la rivière soit bien haute le matin et que ça me facilite un peu la tâche (ok je sais, ce n’est pas pour l’avoir facile que je fais cela, mais il y a des limites quand même). Le problème auquel je n’avais pas pensé, c’est que les dieux, quels qu’ils soient, prêtent rarement l’oreille à un païen athé… il a commencé à pleuvoir le matin…

Premières lueurs

Premières lueurs

Lever du soleil

Lever du soleil

Alors évidemment j’ai commencé à râlé (à pleine voix, sur la rivière c’est pas un problème, il n’y a personne pour penser que vous êtes un peu dérangé parce qu’ils n’ont pas réussi à repérer le Blue Tooth). D’une petite pluie, j’ai eu droit à une bonne averse. J’ai juré un peu plus agressivement quand j’ai commencé à avoir froid et les seaux sont tombés ; alors je me suis vraiment rebellé, et quand le tonnerre a commencé à gronder sérieusement… j’ai fermé ma gueule.

Alors évidemment, sous la pluie, l’idée de faire une pause n’est pas très tentante, et franchement inutile. Toute la matinée, j’ai ramé sans arrêt pour rester chaud, et enfin, vers midi, je suis arrivé à Los Rios (dernier stop du bus qui retourne vers Misahualli). La pluie s’est arrêtée, alors moi aussi, j’étais fatigué et affamé de toute manière. Au milieu de l’activité autour du bar/magasin/salle de billard, j’ai recontré trois français qui avaient eu l’idée de faire la descente du Napo sur un radeau de Balsa. Ce n’est pas une mauvaise idée, un peu lent, mais pas désagréable. La seule chose, c’est qu’il faut savoir où aller. Avec la rivière qui se divise sans arrêt, ces radeaux ne sont pas fait pour improviser des chemins et comme en plus ils sont partis en milieu de journée, ils s’étaient retrouvés échoués sur une petite île sur laquelle ils avaient du passer la nuit. Bref, ils étaient un peu coincés, probablement forcés de prendre un canoé à moteur vers la prochaine communauté où passe un bus vers Coca.

Enfin, j’ai mangé quelque chose et je suis reparti. C’est incroyable comme le simple fait de connaître le chemin semble le raccourcir. Je reconnaissait chaque étape, chaque virage, je pouvais anticiper les temps jusqu’à l’étape suivante. Cette fois-ci, je n’étais pas dans l’attente, dans l’expectative, et ça a été beaucoup plus facile. L’après-midi, en repartant de Los Rios, j’ai pris mon temps. Le soleil est timidement sorti, alors j’en ai profiter pour me détendre (avec un shorty en néoprène, on ne prend des coups de soleil que sur les tibias). Dans l’après-midi, j’ai rapidement passé Agua Santa, San Miguel et enfin Cruz Chicta. Malgré un Rio très bas la matinée, je suis arrivé à 15h, comme la première fois. Et toute cette pluie de la matinée, elle devait bien aller quelque part… le rio était super haut, suffisamment pour recouvrir totalement la petite île qu’il y a en face de la communauté.


Pour ce qui est du logement, la petite cabane où l’on avait dormi la dernière fois avait été loué à quelqu’un (oui, l’immobilier semble être très actif à Cruz Chicta, il y a de la demande), alors j’ai été relogé dans l’ancien Aid Post (le type m’avait montré le lit d’examen au début, mais il s’est rendu compte qu’il y avait un vrai lit à l’arrière). Enfin, une soirée très calme, à lutter pour ne pas dormir avant 20heures, et une nuit reposante.

Un peu avant les premières lueurs du jour j’étais au bord de la rivière à attendre d’y voir assez clair pour partir. La rivière était un peu redescendue, mais à peine. L’air était frais et sentait bon la terre et la jungle après la pluie, le temps était agréable. j’ai recommencé à pagayer tranquillement, mais avec une différence majeur par rapport avec le premier voyage :

Une rivière plus haute revenait à avoir une vitesse plus grande et moins d’efforts à fournir, ce qui sur cette portion était appréciable, mais même comme ça, il fallait travailler plus que la veille. Il y eu quelques distractions en route, notamment j’ai croisé Baker et Poncherello, les patrouilleurs de la rivière, probablement à la recherche d’un criminel (ils étaient plus probablement sortis pour faire tourner leurs super bateaux pour ne pas que les moteurs finissent par gripper).

Et évidemment, un peu avant d’arriver…

Mais au moins ce n’était pas désagréable et relativement court. Finalement, je suis arrivé à Coca vers 11h30. J’ai mangé (il y avait besoin) et je me suis reposé à l’hotel jusqu’à ce que Mel et les filles arrivent pour passer la soirée en ville.

La photo qui fait du bien

La photo qui fait du bien

Sea Eagle s'attaque au Napo

Sea Eagle s'attaque au Napo

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Nala’s babies

Here we are again, Nala’s has had a bunch of puppies almost two weeks ago now. They haven’t opened their eyes yet, but they are getting mobile… and huge. Granted, Nala is not a small dog, but still… they are going to be really big. Well because it is always nice to see puppies, especially when Xmas is getting closer and that parents and children will eventually stop in front of a pet shop to see how cuuuuuute they are, so here is a way to look at some and not be tempted to get one… unless you really insist, we have seven. Come on, ok the breed is not very common (or too common, depends how you see it), but they’re so cuuuuuuute.

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Dernière partie : jusqu’à Coca


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Deuxième jour : fin de matinée et arrivée à Coca

9-Besoin de repos ?

9-Besoin de repos ?

A partir d’Huino, quelque chose a changé dans la rivière. Presque soudainement, il n’y avait plus ces bras qui se divisaient dans tous les sens, et les courbes  se faisaient plus rares. De fait, si nous devions évaluer la largeur de la rivière, elle dépassait probablement les 120 mètres, et nous avions à faire face à  des couloirs de plus en plus longs. Il devenait vain d’essayer de suivre ces fameux courants plus rapides qui couraient près des berges, cela demandait trop d’énergie de traverser toute la rivière pour aller les chercher. Alors nous restions au milieu.

Donc, à une difficulté physique, s’est ajouté une dimension psychologique à laquelle nous n’avions pas pensé. Le courant ne nous aidait plus à avancer, il fallait donc continuer à ramer, et à chaque virage que l’on passait enfin, on découvrait un couloir d’eau encore plus large et encore plus long que le précédent ! C’était démoralisant. La réalité n’était pas aussi déserpérée que ce que l’on pensait. Si on avait l’impression qu’il fallait une éternité pour couvrir ces distances, en fait nous arrivions à les couvrir en relativement peu de temps, mais c’était quelque chose que nous arrivions pas à réaliser. A chaque courbe, on se demandait si l’on finirait par voir Coca se profiler au loin.

Finalement, au détour d’un nième virage, on a découvert un monstre de ligne droite. La rivière dépassait largement les 150 mètres de large sur près de 7kms de long. On a craqué, il a fallu qu’on s’arrête. On pouvait voir des kilomètres devant nous et il n’y avait aucune indication d’une ville. Je suis resté 10min sur la plage, mais j’ai décidé de repartir aussitôt, j’avais l’impression que si je restais plus longtemps, j’aurais énormément de mal à repartir.

La grande ligne droite se visualise bien sur la carte,
mais sur le moment nous ne savions pas si Coca était derrière ou non


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Antoine a choisi de rester se reposer, et je suis parti devant, quitte à l’attendre un peu plus loin. Je me disais que même si je ne ramais pas tout le temps, je pouvais toujours me laisser (très lentement) dériver, cétait toujours ça de gagné. Alors je me concentrais sur un groupe d’arbres au loin et je gardais le rythme, groupe d’arbres après groupe d’arbres. La grande ligne droite a fini par laisser la place à une courbe, mais toujours rien derrière. Je m’arrêtais régulièrement pour me reposer et laisser Antoine gagner du terrain. Il n’y avait toujours rien à voir, mais je commençais enfin à entendre les bruits d’une route qui passait près de la rivière, signe indiscutable que l’on se rapprochait d’une agglomération importante. Et finalement j’ai pu apercevoir les colonnes du nouveau pont de la ville, pas très proche certes, mais suffisamment visible pour redonner un élan d’énergie.

Les habitations se sont fait progressivement plus nombreuses, ainsi que le trafic de pirogues et vers 13h15 nous étions en vue du port de Coca. On a difficilement monté les kayaks jusque sur le Malecon pour essayer de trouver un taxi vers un hôtel pour aller rapidement vers notre steak. Mais le petit restaurant qui servait des langoustines grillées sur le Malecon a parfaitement fait l’affaire.

Bref, deux jours après, je me dis que je recommencerais avec plaisir (et un sac de couchage), peut-être pour aller un peu plus loin cette fois.

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4ème Partie : de Cruz Chicta à Huino


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Deuxième jour : Tôt le matin

7-Matinée de départ brumeuse

7-Matinée de départ brumeuse

La nuit à Cruz Chicta a été reposante malgré les conditions et nous étions levés encore une fois avant l’aube. Mais cette fois, nous avons pris notre temps avant de commencer à bouger, non pas à cause du manque de lumière, mais surtout à cause d’un brouillard trop épais pour nous permettre de voir à plus d’une dizaine de mètres devant nous sur une partie de la rivière que nous ne connaissions absolument pas.

Cette fois-ci, nous avons attendu 6h30 pour partir. Déjà les pirogues étaient arrivées sur la plage pour apporter tous ce qui devait être vendu sur le marché hébdomadaire de la communauté. Comme le fait de prendre un bras de rivière plutôt qu’un autre n’avait que peu d’importance dans les premières heures de la journée, nous avons fini par partir malgré le brouillard.

Finalement ce fut une bonne idée, les paysages étaient incroyable depuis la rivière, avec cette

8-La brume commence à se lever

8-La brume commence à se lever

brume qui ne laissait deviner la jungle qu’en ombres chinoises. Le brouillard était très compact autour de nous, mais nous laissait malgré tout voir le ciel au-dessus de nous, c’était comme si nous avancions et qu’une trouée nous suivait. Ce temps devait être propice à la vie animale dans la jungle autour de la rivière, car nous pouvions entendre toute sorte d’oiseaux.

D’après les indications que nous avions pu glaner auprès de différentes personnes de la communauté, il semblerait que nous ayons parcouru plus de la moitié du chemin la veille. Notre position sur la carte paraissait aussi confirmer cela, mais nous savions que cela ne voulait pas dire que cela prendrait nécessairement moins de temps que la veille pour arriver. La rivière avait un peu baissé durant la nuit, mais surtout, elle commençait à s’élargir et le courant se faisait de plus en plus lent. Cela revenait à dire que dans tous les cas, il faudrait ramer plus pour garder le même rythme que la veille.

Un élément restait très positif : même au travers de la brume, on pouvait voir le soleil et le ciel bleu, ce qui promettait une belle journée. Encore une fois, nous avons raté plusieurs endroits indiqués sur la carte. Pas que nous voulions nous y arrêter, mais les repérer nous permettait d’évaluer notre progression, car après un certain temps, ramer un quart d’heure ou trois quarts d’heure parait être un peu la même chose. Cette fois-ci nous les avons raté parce que nous n’arrivions pas à savoir où se trouvait le bras principal, tous était de taille importante, et parfois tellement nombreux que nous finissions par simplement suivre le courant sur lequel nous étions à l’instant de faire un choix.

Effectivement, entre Orellana et Huino, il a fallu ramer. Cela devenait mécanique, on se concentrait sur une cadence, un juste équilibre entre une véritable efficacité et une brûlure excessive dans les muscles. Ayant passé Orellana, le but suivant devenait Huino qui se trouvait être à mi-chemin vers Coca. Déjà nous pouvions estimer une heure d’arrivée à Coca, vers 13heures, et c’est comme ça qu’est venue l’idée de déjeuner d’un gros steak avec des frites an arrivant. C’est un fantasme comme un autre, mais ça motive ; ne pas arrêter de ramer, sinon on arrivera trop tard pour le steak ! Nous n’arrivions que par moment à réellement voir la taille de la rivière, celle-ci se divisait tellement que nous n’arrivions jamais à savoir si on la voyait en entier. Mais grillade ou pas, nous avions un bon rythme, l’effort était géré correctement et en arrivant près de Huino, il paraissait que nous arrivions à rester dans les temps que nous nous étions fixés.

à suivre…

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3ème Partie : Dormir à Cruz Chicta


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Premier Jour : après-midi

En partant de Los Rios, nous avions décidé de passer la nuit à San Vicente de Puerto Rico ou Cruz Chicta (ne l’ayant pas vu écrit, il a fallu un certain temps avant de réussir à se rappeler du nom correctement). Les informations que l’on avait glané auprès d’un piroguier plaçaient les deux endroits sur la rive opposée et à une distance très approximative. Le principal soucis que nous avions à présent était de ne pas rater ces destinations. Cela semblerait bizarre de dire que l’on puisse rater un arrêt sur une rivière, mais comme le montre l’image en dessous, le Napo ne reste pas exactement sur une seule ligne. En temps normal cela ne pose pas de problème de savoir quel est le bras principal (celui sur lequel il y aura le plus de chance que la communauté soit), mais avec la crue de la nuit, la rivière avait changé d’aspect et des bras très larges, mais très peu profond se présentaient régulièrement à nous sans que nous puissions en deviner la profondeur et donc savoir s’il s’agissait bien de la route à suivre ou non.


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Nous avons effectivement manqué Chonta Punta où nous voulions faire une pause. Un petit bras qui longeait une magnifique falaise s’était présenté et nous pensions qu’il ne serait pas long et rejoindrait rapidement le cours principal. Malheureusement nous nous étions lourdement trompés et n’avons pu rejoindre le bras principal que plusieurs kilomètres après la communauté. A partir de là, nous avons commencé à faire beaucoup plus attention à ne plus nous “perdre” dans ces dédales d’îles.

Vers 14h nous avons sérieusement commencé à fatiguer. La rame devenait lourde, les doigts bien douloureux et cou-épaules-dos étaient en feu. A partir de ce moment, on attendait de voir notre destination se profiler… avec une impatience croissante. On restait bien collés sur le bras de gauche sans se permettre aucun détour et on devenait particulièrement attentifs lorsqu’on devinait des zones de forêt qui avaient été cultivées pour recevoir arbres fruitiers, yuccas et autres. Malgré cela, on a réussi à rater l’arrêt de San Vicente de Puerto Rico (on avait pas vraiment l’intention d’y rester dormir, car il n’y vendent ni bières ni cigarettes, mais au moins s’y arrêter quelques minutes pour voir). Ce n’est pas exactement qu’on ne l’a pas vu, on l’a bien vu, mais à aucun moment nous avons pensé qu’il s’agissait de l’endroit en question, et on est juste passés en regardant la maison qu’il y avait sur le bord de la rivière.

45min plus tard, nous savions que nous étions proches de Cruz Chicta et étions fermement déterminés à ne pas la rater. Un piroguier de Misahualli qui remontait de Coca nous confirma qu’il ne restait plus beaucoup de chemin avant d’arriver, alors nous avons longé la berge jusqu’à ce qu’enfin la plage se profile au détour d’une courbe.

Les gens de la communauté ont été acueillant et agréables et nous ont même aidé à sortir les kayaks de l’eau pour les emmener dans le village jusqu’à l’endroit où l’on devait dormir.

5-En terrasse avec les enfants de la communauté

5-En terrasse avec les enfants de la communauté

Nous avons rangé les kayaks et sorti nos affaires. J’ai offert le lit à Antoine dans l’idée que je

6-Mon lit pour la nuit

6-Mon lit pour la nuit

pourrais m’installer sur la terrasse (leurs planches en bois n’avaient pas l’air très confortables, mais j’avais vu pire). Nous étions arrivé à un peu plus de 15heures, il fallait maintenant réussir à ne pas s’écrouler de fatigue avant au moins 20heures. Donc, nous sommes allés nous promener, voir les gens de la communauté participer à une rencontre sportive, passer dans un petit magasin pour acheter de l’eau et des cigarettes, puis finalement s’assoir sur la terrasse de notre bungalow (ils nous ont quand même demandé $20 pour ce truc – négocié à $15) et s’ouvrir la bouteille de vin que l’on avait amené… elle était rangée dans le kit de survie dans la section “réchauffer les os”.

Nous avions pensé à prendre des sacs de couchage, et c’était une idée brillante. Pouvoir dormir dessus comme matelas et avoir bien chaud… l’ennui, c’est qu’on a changé d’avis et qu’on ne les a pas pris avec nous. Le poncho de pluie n’est qu’un pauvre substitut. J’ai eu froid toute la nuit, même avec deux t-shirts, et un patalon de toile et des chaussettes, j’étais gêné par le froid. La poncho de pluie avait l’avantage de garder le chaud, mais il fallait que je reste roulé en boule pour tenir dedans et que je le retourne régulièrement pour retirer l’humidité qui se condensait à l’intérieur. Et bien au final, j’ai plutôt bien dormi, on était tellement fatigués que cela n’a eut aucune importance, je me réveillais et me redormais à chaque fois.

à suivre…

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2ème partie : Premier jour, de Ahuano à Los Rios


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1-En chemin vers Ahuano

1-En chemin vers Ahuano

2-Antoine

2-Antoine

Nous étions contents de passer Ahuano, c’était comme une frontière qui marquait la fin de l’espace de vie auquel nous sommes habitués ici. C’est aussi le port le plus proche de Misahualli et cela voulait dire qu’à partir de ce moment, nous avions moins de chance de croiser des pirogues à moteur qui font le trajet entre les deux ports. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’Antoine voulait absolument partir le plus tôt possible, pour ne pas se faire dépasser par des pirogues partant de Misahualli. Même si la rivière était haute et permettait de garder une bonne vitesse, il fallait malgré tout ramer, déjà parce que c’est l’idée et surtout parce que la distance à parcourir était suffisament grande pour ne pas pouvoir nous permettre de trop traîner.

Après 3h30, la fatigue a commencé à s’installer et il fallait vraiment que l’on mange quelque chose. Donc, en approchant de Santa Rosa, nous nous sommes arrêtés sur une plage de galets pour reposer les bras, déplier les jambes et manger quelque chose pour retrouver un peu de l’énergie perdue.

3-Visite des petites rivières dans les falaises

3-Visite des petites rivières dans les falaises

Nous aurions effectivement pu  nous arrêter à Santa Rosa, mais nous n’avions pas vraiment envie de rejoindre de larges groupes de personnes pour l’instant. On arrivait déjà à entendre leur musique malgré la distance, ce qui indiquait que c’était probablement un jour de marché. En plus, Santa Rosa, contrairement à tant d’endroits habités au long de la rivière, est particulièrement moche et inintéressant, pour dire, lorsque nous nous sommes finalement approchés après notre pause, en voyant l’endroit, l’idée ne m’est même pas venue de prendre l’appareil photo.

Donc, nous n’avons fait que passer rapidement. Heureusement, le paysage était là pour nous faire oublier ce qui

4-Déjeuner à Los Rios

4-Déjeuner à Los Rios

n’était pas forcément beau. C’était particulièrement agréable de filer le long des grandes falaises couvertes de jungle et parfois percées par de petites rivières étouffées dans la végétation. Nous suivions les rives pour plusieurs raisons, déjà parce que les courants les plus rapides se trouvent toujours sur les côtés extérieurs des courbes, passant d’un côté à l’autre, et parce que cela nous donnait une chance de voir les oiseaux accrochés sur ces falaises, les jardins de quelques communautés que l’on arrivait pas à voir, bref, tous ces signes qui rappelaient que la vie était bien présente le long du Napo.

Nous nous sommes finalement arrêtés vers midi pour faire une pause déjeuner. Nous devions brûler beaucoup de calories, car malgré la première pause, nous étions affamés. Il faut dire que le temps était resté couvert jusque là, ne permettant pas de nous réchaffer, et de rester dans des vêtements mouillés des heures durant, laisse le froid s’installer. Cela ne veut pas dire que l’on ne s’est pas offert une petite bière fraîche en arrivant, après tout elle était largement méritée. Cette pause, nous l’avons faite à Los Rios. C’est aussi une étape importante, puisque c’est le dernier endroit qui peut encore être relié par la terre depuis Misahualli, donc passé ce point, il n’y avait pas de retour en arrière possible. Nous avons aussi profité de ce moment pour faire le point sur la carte. Jusqu’ici, nous savions de quel côté de la rivière seraient tous les villages et communautés les plus grands (forcément du côté de la seule route qu’il y avait, les autres communautés n’apparaissaient même pas sur la carte), mais il était impossible de savoir ce qu’il en serait pour les étapes suivantes, d’autant plus que Google Map n’est pas toujours très précis pour ce genre de régions (positions des noms inversés sur la carte, écrits du mauvais côté de la rivière, ou parfois pas au bon endroit).

à suivre…

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Trip de Misahualli à Coca, 1ère partie

Premier Jour, de Misahualli à Ahuano

L’idée de ce voyage que l’on a fait avec Antoine était de rejoindre Coca, depuis Misahualli, en Kayak pour avoir une chance de découvrir cette portion du Napo. Lui et moi avons déjà parcouru différentes parties en amont de Misahualli, que cela soit la descente du Jatun Yacu (première partie navigable du Napo, en kayak ou rafting en tout cas) et la portion entre Puerto Napo et Misahualli.

La portion entre Misahualli et Ahuano nous était quelque peu familière aussi et représente donc une première étape de ce voyage de deux jours avant d’avancer en dehors de notre « territoire ». L’idée étant de faire ce voyage comme un premier essai en prévision de quelque chose de plus long dans le futur.

La distance entre Misahualli et Coca est d’approximativement 140kms, ce qui représente deux grosses étapes. Nous avions déjà fait un trajet de 70kms et on savait ce que cela pouvait infliger comme douleurs aux épaules… et aux fesses (ces kayaks ne sont pas si confortables que ça). C’est ce qui nous obligeait à considérer un élément important du voyage : ne pas mourir de faim et pouvoir passer une nuit quelque part. Donc les deux kayaks ont été un peu alourdis. Pour la nourriture, les boites de conserve, les barres de céréales et les fruits secs ont semblé être la meilleure option. Nous avions besoin de quelque chose de pratique (la casserole et le réchaud ne rentraient pas) et qui puisse nous donner l’énergie nécessaire pour ramer pendant deux jours pleins. Ensuite, des vêtements pour le premier soir et le lendemain, pour rester le moins possible dans des vêtements mouillés, et un change pour la soirée à Coca. Le reste était composé de petites choses enveloppées précieusement dans des poches ou sacs étanches.


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Restait à décider où nous allions dormir le premier soir. Il y avait bien un certain nombre d’endroits dont les noms apparaissaient sur la carte plastifiée au fond de mon kayak et les trop vagues recommandations de nos connaissances à Misahualli, mais rien qui ne nous permettait de nous faire une véritable idée.

Je me suis réveillé à 4h30 du matin, réunit les quelques petites choses que je n’avais pas déjà laissé dans le kayak à Misahualli (portable, argent,…) et je suis allé à vélo à Misahualli avec une lampe de poche. J’ai retrouvé Antoine vers 5h15 et nous avons rangé les kayaks avant de les transporter sur la plage en attendait qu’il y ait suffisamment de lumière pour partir.Nous sommes donc entrés sur la rivière à 5h30 du matin, aux toutes premières lueurs du jour. Il avait plu toute la nuit (je sais, je me suis réveillé un certain nombre de fois… probablement l’excitation) et la rivière était bien montée, avec donc un débit assez rapide, promettant une bonne vitesse de croisière. Une petite pluie fine ne laissait que peu de doute quant à la météo actuelle, mais ce n’était en rien désagréable. Alors on a commencé à ramer. On a rapidement passé les endroits que l’on connaissait, le musée Kichwa, l’entrée de Jatun Sacha, l’endroit où se trouvait le tourbillon avant qu’il ne disparaisse suite à une exploitation minière légèrement excessive (il ne nous manquera pas, mais quand même) et en un peu plus d’une heure et demi nous sommes arrivés à Ahuano.

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